Who's Who Art Club International

Who's Who Art Club International
Artiste Membre

lundi 23 avril 2018

René de Saint-Marceaux

23 septembre 1845 - 23 avril 1915

Ce qui me rapproche de René de Saint-Marceaux :

« J’aurais voulu faire partie de la foule lumineuse des élus dont les œuvres donnent aux humains l’oubli de leur irrémédiable misère ».

« J’adorais mon art pour les jouissances infinies qu’il procure, non pour une gloire réservée seulement à quelques-uns, souvent injuste, toujours vaine en somme ».


J'ai offert ce portrait à Lucette Turbet 
le lundi 28 janvier 2013 à la bibliothèque Carnégie à Reims 
 


Ce qui me rapproche de Lucette Turbet :

"Ne faudrait-​​il pas cultiver notre curiosité positive pour retrouver le plaisir d’exercer librement notre rai­son­nement, hors des cadres connus ? Tout le monde y gagnerait".

Sa dédicace :

Au sujet de René de Saint-Marceaux

"En 2013, à Reims ou dans la région, qui connaît vraiment René de Saint-Marceaux ? « Saint-Marceaux ? Oui, bien sûr, il a un boulevard proche de celui de Clémenceau !» Voilà ce qu’on sait en négligeant que ce n’est pas le sculpteur qui est honoré par cette importante artère rémoise mais son grand-père, Augustin de Saint-Marceaux, deux fois maire de la ville dans les années 1850.
C'est pourtant RENé, l’artiste, que la population rémoise accueille le 15 juillet 1880 avec des ovations. Le Courrier de la Marne écrit que 1' « on se met en route, musique en tête, au milieu des acclamations d'une foule aussi nombreuse qu'enthousiaste, jusqu'à la maison paternelle. » Le représentant de la Municipalité, M. Portevin, félicite « ce glorieux rejeton d'une famille depuis longtemps honorée à Reims » pour cette « distinction dont l'honneur rejaillit sur la ville ». Saint-Marceaux, à 35 ans, vient de recevoir la Croix de la Légion d'honneur. Cet artiste a donné aux Rémois une œuvre L'Arlequin dont la popularité est aujourd'hui difficilement imaginable : cette statue a été reproduite dans toutes les dimensions et dans toutes les matières. On la trouve encore de nos jours chez certains Champenois de vieille souche, quelle que soit leur classe sociale.
La gloire de Saint-Marceaux n'est pas que régionale. Il sculpte des monuments pour célébrer des hommes connus : Alphonse Daudet, Alexandre Dumas fils, le Duc d’Uzès, Marcellin Berthelot entre autres. Le président de la République Félix Faure pose pour lui dans son atelier parisien. Saint-Marceaux expose aux mêmes salons que Rodin qu'il côtoie et obtient même en 1879 une première médaille de sculpture alors que Rodin reçoit une mention honorable. Quand ce dernier doit attendre 1981 pour être « redécouvert » grâce à des études américaines, Saint-Marceaux est encore oublié dans les réserves et les caves du Musée des Beaux-Arts de Reims. Rodin a eu « l'astuce » de préparer son musée avant sa disparition ; Saint-Marceaux, lui, a légué une centaine d’œuvres, maquettes, esquisses au musée de sa ville natale. Qui prête attention à La Vigne dans la cour intérieure de l’Hôtel de Ville ? Aux œuvres du cimetière du Nord, le Père Lachaise de Reims, avec Sur le Chemin de la Vie, le Monument des David, le tampon du grand-père Augustin avec sa belle épitaphe « Rheims que j’ai aimé de toutes les forces de mon intelligence reçois mes cendres et mon nom parmi tes morts. » et l’Abbé Miroy, mis en sécurité depuis 2006, tellement mis en sécurité qu’on l’oublie ? Aux quelques statues exposées au Musée des Beaux-Arts de Reims ? Cet artiste modeste qui ne recherche pas la gloire « médiatique » est pourtant l’auteur d’un monument universellement connu : le Monument de l’Union Postale Universelle à Berne, monument colossal qui symbolise, à la face du monde, l’unité des peuples qui communiquent par dessus les océans, par dessus les frontières, par delà les langues, dans un mouvement léger qui transfigure la masse de bronze.
L’artiste qui a réussi cet exploit d’alléger ainsi les tonnes de bronze pour en faire une allégorie de la tolérance, de la collaboration, de la solidarité entre les peuples, cet artiste est rémois et a revendiqué toute sa vie son appartenance au sol de la Champagne :  « Je suis né deux fois à Reims car les Figures du Moyen-Age de ses églises ont fait germer en moi l’amour de la sculpture ». René de Saint-Marceaux nous offre des œuvres diverses, de la plus classique à la plus intimiste, en bronze, marbre, pierre, terre cuite, céramique, argent etc… car il a travaillé tous les matériaux. A nous d’y être attentif-ve-s pour donner une chance à  l’artiste sensible de « faire partie de la foule lumineuse des élus qui apportent aux hommes l’oubli de leur irrémédiable misère » cf Saint-Marceaux.

© Lucette Turbet 28/01/2013
Texte original pour Xavier Maitre en remerciement du portrait offert à l’occasion de ma conférence de ce jour." 

1 commentaire:

  1. "Bonsoir Xavier

    Merci de votre générosité, trop rare : vous me donnez de votre temps et de votre talent avec ce portrait de Saint-Marceaux. Vous êtes proche de lui encore plus que vous ne croyez : Julie Trouvé dit que vous ressemblez à un arlequin avec une sensibilité de pierrot. René de Saint-Marceaux a statufié l'Arlequin devenu allégorie de la Comédie Humaine! Regardez bien son sourire : séduisant pour un profil, carnassier pour l'autre. Ombre et lumière. Merci à l'avance et à bientôt!

    Lucette Turbet, passionnée et devenue spécialiste de Saint-Marceaux, apprentie poétesse , chroniqueuse radio etc..."

    RépondreSupprimer